Résilience collective : comment anticiper et gérer les crises cyber dans un écosystème interconnecté ?

La résilience collective : capacité des organisations à coordonner leurs réponses face à une crise cyber via des relations de confiance, des canaux sécurisés et des scénarios testés, s’impose comme la clé pour limiter l’impact des pannes systémiques, comme l’a révélé l’incident CrowdStrike de 2024. Contrairement à la résilience interne, elle exige de préparer ensemble (fournisseurs, partenaires, régulateurs) des niveaux de service minimaux (MVSL) et des plans de continuité, sous peine de voir les attentes et les réalités diverger en cas de crise. L’article souligne l’urgence pour les leaders d’adopter cette approche via des exercices multi-parties, une instrumentation proactive des services, et une gouvernance alignée sur la co-résilience plutôt que la protection isolée.

Anne-Claire di Donato

2/23/20262 min lire

Un enjeu systémique, une réponse collective

L’incident CrowdStrike de 2024 a marqué un tournant : dans un monde où les entreprises dépendent de fournisseurs, de plateformes et de partenaires communs, une crise cyber ne reste jamais isolée. Les organisations les plus résilientes ne sont pas celles qui se protègent le mieux en solo, mais celles qui savent coordonner, communiquer et agir ensemble avant, pendant et après l’incident.

Cette approche, appelée résilience collective, est au cœur des stratégies modernes de gestion de crise. Elle repose sur trois piliers :

  • Des relations de confiance préétablies avec les parties prenantes clés.

  • Des canaux de communication sécurisés et testés pour échanger en temps réel.

  • Des scénarios de crise partagés et rehearsés, incluant les fournisseurs et partenaires.

Pourquoi c’est indispensable ? Comme l’a montré l’exercice du Business Resilience Council sur le réseau ACH (Automated Clearing House) en 2024, une panne chez un acteur central peut paralyser des milliers d’entreprises en cascade. Les leçons sont sans appel :

  • Les hypothèses de continuité s’effondrent : 50% des participants à l’exercice ignoraient comment mesurer l’impact réel d’une panne sur leurs services.

  • Les attentes divergent : beaucoup de banques pensaient que leurs prestataires pourraient absorber la charge en cas de crise, alors que ces derniers étaient eux-mêmes submergés.

  • La coordination sauve des heures : les entreprises ayant participé à des drills multi-parties ont réduit leur temps de récupération de 70% (source : Business Resilience Council - BRC).

Mon expérience sur le terrain

Lors de mes interventions telles que celles avec l’ANSSI dans le cadre de la Mêlée Numérique, j’ai pu constater à quel point la préparation collective fait la différence. Les organisations qui intègrent leurs partenaires dans leurs exercices de crise, et qui alignent leurs attentes sur des niveaux de service minimaux (MVSL), sont celles qui limitent l’impact systémique et préservent la confiance de leurs clients.

Comment passer à l’action ?

  1. Identifier vos services critiques : quels sont les 3 services dont vos clients ne peuvent se passer ? Définissez des MVSL pour chacun.

  2. Préparer l’impair : testez vos configurations en mode dégradé et formez vos équipes à basculer rapidement.

  3. Intégrer vos partenaires : organisez des exercices avec vos fournisseurs pour valider les attentes et les capacités de chacun.

  4. Participer à des drills sectoriels : les exercices centralisés (comme ceux de l’ANSSI) révèlent les lacunes et renforcent la confiance.

Notre accompagnement chez Thoret Conseil

Nous aidons les organisations à :

  • Cartographier leurs dépendances et identifier les risques systémiques.

  • Concevoir des playbooks de résilience collective adaptés à leur écosystème.

  • Animer des exercices de crise avec leurs partenaires pour tester la coordination.

Source: article Harvard Business Review du 18/02/26